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Femmes en Lutte 93

Femmes en Lutte 93

Collectif féministe du 93 : "sortons de l'ombre et vivons libres!"


Campagne contre le racisme et la lesbophobie

Publié par Femmes en Lutte 93 sur 9 Octobre 2016, 19:54pm

Catégories : #Affiches, #LGBT-phobie

Campagne contre le racisme et la lesbophobie

PMA et Papiers pour Toutes  !

Campagne de solidarité avec Awa, Houria et Soa !

Le massacre homophobe d'Orlando nous le rappelle tristement : les violences homophobes existent partout. Les victimes étaient des latinos et des afro-descendants. Ce drame nous rappelle donc une autre réalité : les  LGBT ne forment pas une communauté homogène et n’ont pas accès aux mêmes droits. Certains subissent le racisme, certains n’ont pas de papiers. Certains vivent l’exploitation et  la précarité.

Contre la tentation de faire de l'orientation sexuelle une question marginale dans notre militantisme (car ce serait une question "privée" ou «  occidentale  »), Femmes en lutte 93 a toujours été claire : l’homosexualité existe dans nos quartiers populaires et multiculturels. Sortir du placard ou y rester, fonder une famille ou non, est un choix qui revient aux personnes concernées. Mais c’est à nous, en tant que groupe politique, de porter collectivement les revendications des LGBT exploités, des quartiers et sans papiers. Nier cette responsabilité, c’est refuser d’en faire un combat politique commun.

A l’occasion de la marche des fiertés 2016, Femmes en lutte 93 lance cette campagne  politique et solidaire pour soutenir trois de ses membres. Pour lutter contre toutes les formes de discriminations. Pour dénoncer le gouvernement et ses politiques de classe racistes, sexistes et homophobes. Pour changer les mentalités.

 

Des parcours différents, un combat commun :

se battre pour leurs familles et leurs enfants.

Awa : une réfugiée victime de violences sexistes et lesbophobes au Sénégal et en France

Awa est arrivée du Sénégal en 2014, fuyant les violences lesbophobes et sexistes, dont l’excision. Avant son exil, elle a eu une fille,qu'on lui a retirée à la naissance et qui est restée au pays. Lorsqu'elle a fait sa demande d'asile, sur les conseils d'une avocate, elle n'a pas déclaré sa fille, au prétexte que cela nuirait à la véracité de son histoire, car maternité et homosexualité ne sont pas compatibles. En 2015, Awa a obtenu son statut de réfugiée. La même année sa fille et le père de l’enfant ont réussi à venir en France. Quand elle a voulu régulariser la situation de son enfant,  l'Etat a refusé mais lui a retiré son statut  accusant Awa d’avait menti sur son parcours, car une lesbienne ne pouvait pas avoir d'enfant,. Dès lors, Awa et sa famille se sont retrouvés sans papiers, dans la plus grande précarité: sans le droit de travailler, elle a dû quitter son logement HLM et réengager des démarches administratives épuisantes. Depuis mai 2016, grâce à sa ténacité, Awa a obtenu gain de cause sur son droit d’asile, mais l’Etat refuse toujours de reconnaître la filiation avec sa fille, alors même que l’acte de naissance sénégalais le stipule clairement. Aujourd’hui, sa fille est sans-papiers, ses droits de mère n’étant pas reconnus, l’enfant reste la cible potentielle d’une expulsion. Les documents officiels de l’administration sénégalaise étant remis en cause, le test génétique de filiation «  made in France  » reste sa dernière chance.  Mais comment avoir accès au test génétique de filiation lorsqu’on est précaire et sans ressources fixes ? Sans compter les frais de l’avocat qui voudra bien défendre le dossier. Sans notre solidarité, cette «  dernière chance  » à près de 1500 euros est un coup de grâce porté au combat d’Awa pour défendre sa liberté de femme lesbienne et mère de famille.

Awa a quitté son pays pour vivre dans l’affirmation de ses identités, mais la France, malgré son vernis "démocrate" reste bien un pays raciste et homophobe. Parce que demander le droit d’asile dans le soit-disant «  pays des droits de l’homme  », c’est subir des interrogatoires et répéter sans arrêt les violences vécues. Parce qu’on peut être lesbienne et avoir des enfants avec qui on veut  : Awa décide de sortir de l’ombre et de briser le silence.

Ensemble, stoppons ce parcours humiliant qui ne fait que raviver les traumatismes et cumuler de nouvelles violences.

 

Houria et Soa,couple de femmes issues de l'immigration ouvrière font le choix de la PMA

Elles forment un couple depuis 7 ans. Malgré les difficultés, notamment le coming-out familial et social, elles ont décidé après des années de débats, de doutes, de faire un enfant. Pour cela, direction la Belgique, pour réaliser une PMA ( procréation médicalement assistée). Même si elles sont aujourd’hui enseignantes, pour faire face aux frais médicaux et d’adoption, elles n’ont pas eu le choix : l’endettement, car les héritages pour les enfants de prolo, c’est comme les dons des parents : walou !  Pour la compagne qui ne porte pas l'enfant, elle doit l’adopter, en faisant face au frais de justice. Heureusement, une jurisprudence obtenue par les associations de parents LGBT oblige désormais les juges à reconnaître les adoptions, même si il y a «  soupçon de PMA illégal  ».  Mais rien n’est garanti. La faute à qui : à Hollande et toute sa clique qui ont sacrifié la PMA, revendication historique des associations de lesbiennes, pour calmer la Manif pour tous et autres forces d’extrême-droite. C’est alors un véritable parcours de combattantes : engager un prêt, faire face à la famille, aux jugements du personnel médical et de la société en général, aux voyages répétés jusqu'en Belgique, au stress et à l’angoisse lié à l’absurdité des déplacements ( 6 heures de voyage pour 20 mns de traitement sur place).  Elles doivent aussi faire face à une violence supplémentaire  : il faut payer plus cher pour avoir un donneur non blanc,  car les cliniques belges n’ont pas un panel «  représentatif  » de donneurs. C’est un véritable business de la PMA qui est à l’œuvre sur le dos des lesbiennes. Au final, une PMA c’est près de 6000 euros de frais. Pas étonnant que les lesbiennes des milieux populaires et issues de l’immigration y aient peu recours !

Parce que même s’il est clair que la PMA, par son interdiction, reste une épreuve difficile pour toutes les femmes, elles refusent que la PMA reste uniquement un choix possible des lesbiennes de classes moyennes ou aisées. Parce qu’elles ont souffert des solutions farfelues de leur entourage, comme d’aller se faire «  engrosser  » à moindre frais par un inconnu dans un bar (solutions qui n’auraient jamais été sérieusement proposée à un couple hétéro). Parce que fonder une famille par PMA devrait se faire gratuitement dans des hôpitaux en France et non être une épreuve de stress sur le corps et le moral des femmes, pouvant entraîner déprime, fausses couches ... Parce que nous estimons que le droit de fonder sa famille doit être aussi porté par les organisations féministes et antiracistes. Et parce que derrière le combat pour la PMA, c’est un combat pour que nos familles et nos enfants vivent en paix : Houria et Soa décident de sortir de l’ombre et de briser le silence.

 

Pourquoi mêler lutte pour la PMA et lutte pour les papiers ?

Même si cela ne prend pas les mêmes dimensions, même si être sans-papier, c'est cumuler toutes les violences possibles, nous préférons voir ce qui unit politiquement les parcours de ces femmes, plutôt que de les traiter au cas par cas.  Car nos combats ne se concurrencent pas. 

Parce que dans les deux cas, c'est l'Etat qui refuse que nos familles existent. Dans les deux cas, c’est faire face au racisme,  à la lesbophobie et au sexisme quotidien  : celui de l'Etat, de sa justice et de son administration. Sans oublier, celui de la famille, de la rue, de nos milieux militants. Dans les deux cas, c’est lutter pour la reconnaissance légale de nos  familles, que l'on créées avec qui nous voulons, et comme nous le voulons.

Tant que dans notre camp, des personnes subiront le racisme et la lesbophobie, il faut se battre avec elles. Comme le disait Audre Lorde, féministe lesbienne afro-américaine : «  Personne n'est libre tant que d'autres personnes sont opprimées. Brisons le silence ".

L’objectif de cette campagne nous concerne donc tous et toutes, pour aborder ces sujets de la sexualité et de la famille qui restent taboues, pour changer les mentalités. Pour transformer radicalement la société. 

Nous appelons  les organisations féministes, anti-racistes, LGBT, du mouvement ouvrier à soutenir cette campagne autour des revendications  suivantes :

  • ouverture de la PMA gratuite en France pour les couples de même sexe et les trans 
  • régularisation de tous les sans-papiers, liberté de circulation et d’installation.

 

Participez à cette collecte  : notre objectif est d’atteindre

au moins 5 000 euros.

La solidarité populaire est notre arme !

 

Lien Cagnotte payname  : https://morning.com/c/ODlXec/Solidarite-avec-Awa-Houria-et-Soa

 

Lien twitterhttps://twitter.com/Femmesenlutte93

 

 

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